Pensées pour Kyoto Animation

Ce matin, 18 juillet 2019, comme beaucoup d’amateurs d’animation japonaise, je me suis réveillé avec cette information horrible, qu’un certain nombre d’amis m’ont relayé au cours de la nuit.

« Un homme d’une quarantaine d’années a mis le feu au Studio 1 de Kyoto Animation. Sur les 70 personnes dans le bâtiment, une est morte, une vingtaine ont été retrouvées sans vie, une dizaine sont blessées gravement, et une autre dizaine sont blessées. »

Cette nouvelle m’a fait l’effet d’un choc. Je suis resté bloqué sur mes W.C. à scroller les réseaux sociaux à la recherche de plus d’infos pendant des minutes, quitte à arriver à la bourre au travail.

Le studio Kyoto Animation, ce sont des séries qui ont accompagné ma vie, qui m’ont soutenu dans les moments difficiles, que je regarde encore en boucle aujourd’hui dès que j’ai un moment de blues, et qui m’ont sorti la tête du noir tellement de fois…

J’ai arrêté de compter le nombre de fois où revoir Chûnibyô demo koi ga shitai! m’a remonté le moral. Je suis incapable de définir la joie que me procure Miss Kobayashi’s Maid Dragon. Les émotions que m’ont transmises Violet Evergarden et Silent Voice. La nostalgie que m’évoque La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya. Le bien que m’ont fait Amagi Brillant Park et Tamako Market au moment de leurs sorties. Les fous rires que j’ai eus en découvrant récemment l’intégralité de Lucky Star.

J’ai longtemps cité le studio comme mon préféré de l’industrie, de part sa position forte contre la précarité des animateurs, pour l’égalité hommes/femmes, et sa façon de représenter régulièrement et assez justement la communauté LGBTQ+. Je dois une partie non-négligeable de mon identité aux travaux de ce studio.

Le voir attaqué de la sorte, c’est une violente baffe dans la gueule. Comme une attaque personnelle. Un violent retour à la réalité, où la haine s’empresse constamment de tuer ce qui est beau. Par égo, soif de pouvoir, solitude, méconnaissance de l’autre, manque d’empathie… parfois tout ça à la fois.

Aujourd’hui, mes pensées vont naturellement aux victimes, ainsi qu’à leurs familles et amis. Cela ne ramènera aucun des 34 morts annoncés à l’heure où j’écris ces lignes, mais je refuse de laisser la haine gâcher les incroyables moments passés devant les œuvres de Kyoto Animation. Ni les prochains, d’ailleurs. Merci pour tout, et puissiez-vous reposer en paix.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.